Extraits de l’introduction de « 15 ateliers pour une Culture de Paix »
« L’un des faits les plus paradoxaux et les plus énigmatiques du XXème siècle est le déploiement simultané, à une échelle inconnue jusqu’alors, des savoirs et de la culture et de leur image inversée, l’inhumanité barbare, ce mal radical dont parle Jorge Semprun[1] qui s’est appelé totalitarismes, guerres mondiales et coloniales, camps, génocides. Nous en sommes, en ce début de XXIème siècle, les héritiers. Cet héritage a profondément changé notre vision de l’avenir, du progrès, du vivre ensemble. Il nous a rendus sceptiques voire désabusés par rapport au devenir des sociétés humaines.
Le monde est violent et inégalitaire. La Culture de paix à laquelle nous consacrons ce livre adressé aux enseignants, formateurs, travailleurs sociaux, militants associatifs, est une réponse à ce désenchantement, à cette négativité contemporaine. Elle est notre « principe espérance ». Nous ne sommes condamnés ni à la méfiance, ni à la peur, et encore moins à la guerre. Notre lot n’est pas celui d’une humanité sans intelligence et sans ressources qui irait vers sa fin programmée. Point de vue naïf ? Optimisme irréfléchi ? Certainement pas ! La Culture de paix, un concept déjà ancien et toujours très contemporain[2], est un horizon vital ; une valeur non dimensionnée, donc à déployer par des actes appropriés ; un désir insolent ; une énergie à capter et à transformer », ainsi débute un ouvrage issu de l’expérience Aubagne (France) « ville de paix ».
Cette expérience est née de nombreuses années de formations à la notion de « culture de paix » menées entre 1990 et 2010 dans cette ville. Elles réunissaient agents des Maisons de Quartiers, enseignants de la ville, travailleurs sociaux. Elles ont donné lui à diverses plaquettes annuelles que nous commençons à mettre en ligne ici. Ces ateliers sont souvent inspirés de pratiques d’Éducation Nouvelle. Ce ne sont jamais des pratiques prêtes à l’emploi : toute pratique de formation suppose une mise en perspective ajustée à une situation donnée, une réflexion sur les liens entre valeurs et pratiques, une réflexion sur l’évaluation, une déontologie.
Attention : Plusieurs ouvrages méritent ainsi d’être lus en parallèle de ces pratiques « open source » pour en éviter un usage tronqué. Ce se sont pas des pratiques dites « prêtes à l’emploi » !
(Éditions Chronique sociale – https://www.chroniquesociale.com/